L’information dans 10 ans ? Miser sur la technologie sans doute, sur la qualité sûrement

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“(S’)informer dans 10 ans”. Le thème des 10e Assises du journalisme et de l’information à Tours (Indre-et-Loire / 15-17 mars 2017) était une invitation à la prospective. Un exercice difficile au cours duquel les invités de différents ateliers et tables-rondes se sont essayés avec plus ou moins de facilité d’ailleurs. Mais au-delà des bouleversements technologiques, de nombreux intervenants se rejoignent sur un point : l’importance d’investir sur des contenus et donc du journalisme de qualité.

“Est-ce qu’il y aura encore du papier dans 10 ans ?”, s’interroge déjà Eric Mettout, directeur adjoint à la rédaction et en charge des activités numériques à L’Express, lors d’un atelier sur “Les hebdos dans 10 ans”. Franck Annese, à la tête de SoPress en est « convaincu ». Convaincu également des vertus du quinzomadaire, certes “plus lourd à rentabiliser, mais davantage adapté sur le plan éditorial que l’hebdomadaire pour se détacher de l’actualité chaude”. Rédacteur en chef central et secrétaire général de la rédaction du Journal du Dimanche, Cyril Petit concède également que “les hebdos ont tendance à être pris en tenaille”.

PDG de Sogemedia, un groupe de presse hebdomadaire régionale, Jean-Pierre Vittu de Kerraoul est plus catégorique : “Quelle connerie de dire que le papier est condamné ! Nous ne sommes pas face à une problématique de support, mais de contenu. Nous devons donc être utiles et donner du plaisir au lecteur, aujourd’hui, demain et dans 10 ans !”
“L’enjeu, poursuit-il, réside dans cette capacité de renouveau des publications pour fidéliser le lecteur et attirer le non-lecteur. Car c’est lui la cible.” Par conséquent, il “convient de maintenir un niveau de contenu de qualité”.

Rédac chef en CDD…
Ce patron de presse expérimente le principe de la personnalisation de l’info. “Nous proposons au lecteur de choisir ses thématiques sur une certaine proportion du journal.” C’est une piste, mais “notre rôle est aussi d’éveiller la curiosité du lecteur et de l’amener vers des sujets auxquels il n’aurait pas forcément pensé”, glisse Franck Annese. Lequel, pour “faciliter l’adaptation au temps” et mieux sentir les évolutions, propose aux rédacteurs en chef de ne pas trop… s’installer ! En l’occurrence, “rester cinq à sept ans avant de passer la main à quelqu’un de plus jeune”, dit-il.

Une façon, une nouvelle fois, d’insister sur l’importance de la qualité des contenus et leur adaptation à l’époque. Il en a d’ailleurs été beaucoup question lors du Grand Débat de ces Assises, le jeudi 16 mars. A défaut peut-être d’orientations prospectives… si ce n’est quelques réflexions sur l’automatisation à venir de certains contenus (résultats sportifs, électoraux…) ou la réception de l’information par la voix.

« Un titre de presse se distingue d’abord par la qualité de ses contenus, garantie par des journalistes »

Investir sur l’humain
“Les entreprises de presse qui commencent à trouver des modèles sont celles qui investissent sur le contenu, donc sur l’humain”, constate Ludovic Blécher, directeur du fonds Google-AIPG pour l’innovation numérique de la presse (FINP). Et Francis Morel, PDG des groupes Les Échos et Le Parisien-Aujourd’hui en France d’insister : « un titre de presse se distingue d’abord par la qualité de ses contenus, garantie par des journalistes ».

Laurent Guimier (directeur de franceinfo) admet lui aussi “ne pas savoir ce que sera l’info dans 10 ans”. En revanche, il est certain que nous devons et devrons nous concentrer sur ce qui sera la valeur ajoutée du journaliste : “vérifier, organiser le débat public et faire de l’enquête”.

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