Vous avez raté la formation sur le podcast ? Voici ce qu’il fallait retenir…

Une quinzaine d’adhérents ont assisté à la formation sur le podcast le jeudi 3 décembre, au Médiacampus. Animée par Florence Pagneux, correspondante à La Croix, ce rendez-vous d’1h30 a permis de tout savoir (ou presque) sur cet objet sonore.

Le podcast, on en entend parler de plus en plus. Mais saviez-vous que ce terme, qui vient de la contraction des mots “Ipod” et “broadcast” a été imaginé par un journaliste du Guardian en 2004 ? Au sens strict du terme, le podcast n’est autre qu’ “un mode de diffusion de fichiers sonores par flux RSS”, définit Florence Pagneux qui distingue deux sortes de podcasts : les podcasts de rattrapage, les plus courants –on peut réécouter n’importe quelle émission de radio déjà diffusée– et les podcasts natifs –qui ne sont créés que pour internet.

Ce format entièrement gratuit offre un rapport intime et spécifique à l’information, mais avec la liberté d’écoute et de réécoute en plus. Autre intérêt du podcast : favoriser le lien entre producteur et récepteur d’informations.

Ça cartonne !

Le podcast connaît aujourd’hui un véritable engouement. Pour preuve… Après le “binge-watching” des téléspectateurs avides de séries télé, on parle désormais de “binge-listening” pour désigner ces auditeurs compulsifs de podcasts. Pour autant, l’écoute de podcasts est une pratique relativement récente pour près d’un quart des podcasteurs. Une étude de Médiamétrie publiée en 2018 indiquait que 4 millions de personnes écoutaient des podcasts radio chaque mois, ce qui représente 8,5% des internautes. Leur profil ? Plutôt masculin (54% des podcasteurs sont des hommes contre 50% des Internautes) et 56% d’entre eux ont entre 25 et 49 ans (vs 41% des Internautes). Deux ans plus tard, le podcast natif a particulièrement le vent en poupe. Chaque mois, près d’un internaute sur 10 en écoute. En juin dernier, plus de 99 millions de podcasts ont été téléchargés ou écoutés en streaming sur la base des éditeurs clients de la mesure eStat Podcast de Médiamétrie[*]. C’est 29% de plus comparé à juin 2019.

En tête des thématiques : l’actualité et le divertissement – dont l’humour. Certains genres ont connu depuis le début de l’année des succès grandissants. C’est le cas des contenus audio destinés à la jeunesse, ou encore de ceux traitant de la parentalité. Les auditeurs de podcasts apprécient également la culture, le sport, le bien-être et la cuisine.

Le paysage

Selon une étude dévoilée lors du salon Presse au futur, plus 4 podcasts natifs sur 10 sont créés par des médias. Répartition : médias (42%), podcasteurs indépendants (29%), studios de production (21%), marques (8%).

Du côté des médias traditionnels, la radio est, sans surprise, un acteur incontournable, avec en tête de peloton Radio France qui réalise de plus en plus de contenus diffusés exclusivement sur Internet. Europe 1 vient également de lancer Europe 1 studio. En télévision, Arte Radio fait figure de pionnière du podcast (2002) et reste une référence du genre. La presse écrite n’est pas en reste avec le pure-player Slate et son podcast Transfert, Le Parisien avec Code Source ou encore le quotidien La Croix avec, notamment “L’envers du récit.

Quid du modèle économique ? En France, plusieurs acteurs récents sont reconnus dans l’univers du podcast : Binge Audio, Louie Media, Nouvelles Ecoutes ou encore Bababam. Leurs modèles sont fondés principalement sur la publicité (sponsoring au lancement des podcasts), le brand content (production de podcasts pour des marques, des universités, des grandes associations) et la production déléguée pour d’autres médias.

Une offre éditoriale diversifiée

Ce qui caractérise le podcast, c’est sa grande variété. Que ce soit dans les sujets abordés (débats de société, enquêtes policières, fictions, chroniques de développement personnel, etc) ou dans le format du podcast : le  « talk », à la façon d’une émission de radio, est une format très répandu, mais on y trouve aussi des interviews au long cours d’une seule personne (connue comme anonyme), du reportage, du documentaire sonore, de la narration lue par des comédiens, du tutoriel éducatif… Tout est possible !

Avec quelques règles communes : il faut une régularité de publication, penser son podcast comme une série découpée en épisodes et ne pas oublier d’insérer un visuel qui doit immédiatement permettre d’identifier l’univers et la thématique abordée. La durée, elle, varie d’un podcast à l’autre mais, en moyenne, un épisode dure 15 à 20 minutes. Autre conseil : soigner l’attaque du podcast. La musique est aussi un élément crucial. Mais attention à la question des droits d’auteur.

Côté technique, Florence Pagneux utilise le logiciel de montage Reaper qui est gratuit. “Sa prise en main est relativement facile”, assure-t-elle. Il existe aussi Audacity.