Le journalisme participatif pour retisser du lien avec ses lecteurs

Le Festival de l’info locale, du 21 au 23 septembre à Nantes, a été l’occasion de parler journalisme participatif avec le journal municipal de Villeurbanne Viva. Le Club de la Presse Nantes Atlantique a donc souhaité en savoir plus sur ce média qui a choisi d’impliquer les citoyens dans sa construction éditoriale. Voici comment.

Initié par trois journalistes, Viva s’est lancé dans le journalisme participatif. Un positionnement qui s’accompagne d’un changement de formule. Objectif ? Redonner plus de force et de sincérité au contenu. Premier changement notoire : le journal a réintroduit un courrier des lecteurs qui avait disparu. De quoi redonner la parole aux habitants. Deuxièmement, l’équipe a décidé de mettre en avant tous ceux et celles qui font bouger la ville, au travers de portraits : créateurs d’entreprise, responsables d’association, promoteurs d’initiatives locales…

Autre idée : une rubrique intitulée “J’ai testé pour vous” qui offre la possibilité à un.e habitant.e de donner son avis sur un nouveau service mis en place par la mairie. Là encore, Viva met en valeur ceux qui s’expriment via une biographie, une photo,… Alors que le ton et le style jouent sur la connivence et la proximité pour se rapprocher un peu plus de la parole du citoyen. A noter aussi que des QR codes permettent d’accéder à des photos et des vidéos complémentaires. Rien de tel pour donner un air neuf à un journal institutionnel qui affiche 40 ans d’histoire.

Le journal a également décidé de créer un comité éditorial composé de jeunes qui écrivent eux-mêmes leurs articles, partagent leurs coups de cœur dans une rubrique en ligne et sur le compte Instagram de la ville. La conférence de rédaction est quant à elle ouverte aux acteurs locaux qui endossent le rôle de rédacteurs en chef délégués. Libre à eux de choisir les sujets à traiter, définir des angles et d’apporter leur connaissance du terrain.

La co-construction éditoriale avec sa communauté. Voilà peut-être une idée à creuser pour regagner la confiance avec son public.

Thierry Bercault


Le FIL 2022 s’est ouvert avec le débat “Médias : plus de proximité pour plus de confiance ?”. Voici ce qu’il faut en retenir

  • Seuls 38% de Français font confiance aux médias. Un indice de confiance qui grimpe à 80% pour les journaux régionaux de France 3. Un chiffre qui ne surprend pas Isabelle Staes, la directrice de l’information régionale au sein de la chaîne. “Ils nous ressemblent. Ils sont proches de nous”, déclare-t-elle.
  • Sur les sites d’information numériques, seulement 11% des personnes achètent l’information.
  • Depuis l’épisode des gilets jaunes, les actes d’agression physiques et verbales envers les journalistes sont monnaie courante. “Nous avons 11 plaintes avec constitution de partie civile en cours pour des actes de violence“, précise François-Xavier Lefranc, le directeur des rédactions de Ouest France.
  • Les journalistes sont de moins en moins nombreux à exercer ce métier en France. Précarisation, perte de sens,… les raisons de cette désaffection sont multiples. Aux Etats-Unis, c’est pire ! Certaines zones deviennent des déserts d’information. Ce qui n’est pas sans conséquence. “Une rédaction locale qui ferme, ça change les résultats d’un vote local“, note de son côté Anne-Sophie Novel, auteur du livre “Les médias, le monde et nous”.